La Bretagne réunifiée serait plus peuplée que huit Etats de l’UE

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14/08/2014 – 07H00 Rennes (Breizh-info.com)Les « grandes » régions sont à la mode ; nos élites économico-politiques ne jurent que par elles. Par conséquent, le projet de loi relatif à la délimitation des régions se propose de regrouper les actuelles régions. Parfois, cela va dans le bon sens : basse-Normandie et haute-Normandie. Mais souvent l’opération semble absurde : Alsace + Lorraine + Champagne, mais aussi Languedoc + Midi – Pyrénées…

« Nos régions seraient trop petites par rapport à celles de nos voisins européens ? La population moyenne de nos 21 régions métropolitaines (Corse exclue) est de 2,9 millions d’habitants ; celle des 20 régions italienne de 2,9 millions aussi ; celle des 17 communautés espagnoles de 2,5 milliond. Reste l’Allemagne : en moyenne ses 15 Länder ont 5 millions d’habitants, mais, comme ils sont très inégaux, sait-on que 8 sur 15 sont plus petits que la moyenne française ?
Et si l’on ne considère que les six Länder de l’ancienne Allemagne de l’Est, découpés après la réunification, leur moyenne est de 2,5 millions seulement. On peut aller plus-loin : aux Etats-Unis, vingt Etats sur cinquante ont moins de 3 millions d’habitants sans qu’il soit question de regrouper quoi que ce soit » (Roland Hureaux, Marianne, 8 août 2014).

Puisque l’Allemagne représente l’alpha et l’omega de l’Union Européenne, il est intéressant d’observer que la Bavière pourrait très bien constituer un Etat indépendant avec ses 12,5 millions d’habitants, tandis que la population de la Sarre se limite à 1 million ; à partir de l’exemple allemand, chercher à établir une règle absolue semble donc fantaisiste.
Dans une comparaison avec les 28 Etats souverains de l’UE, la Bavière, ferait bonne figure à côté de la Grèce (11 millions), de la Hongrie (10 millions), de l’Autriche (8,5 millions), du Portugal (10,5), de la Suède (9,5), de la République-Tchèque (10,5).

De la même manière, la Bretagne (B5), totalisant 4,5 millions d’habitants, supporte la comparaison avec l’Estonie (1,3), la Croatie (4,3), Chypre (0,3), la Lettonie (2), la Lituanie (3), le Luxembourg (0,5), Malte (0,4) et la Slovénie (2). La Bretagne fait même aussi bien que l’Irlande qui comptait 4 591 100 habitants au premier janvier 2013.

Ces quelques exemples montrent que le critère population retenu par les technocrates pour bâtir la « région idéale » apparait très contestable. Une certitude, il est impossible de déterminer avec aplomb la « bonne taille » : l’histoire et la géographie ont accouché de grandes régions, mais aussi de moyennes, et, parfois, de petites.
Ce ne sont pas forcément ces dernières qui sont les moins dynamiques et les moins innovantes.

Comme le résume Roland Hureaux, toujours dans Marianne« cette affaire ridicule de réforme territoriale est en fait sortie d’un tout petit groupe d’idéologues socialistes fumeux, en mal d’idées et germanolâtres. »

Bernard Morvan

[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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